Actyf .
  Adeat .
  Arnak .
  CHAMAN .
  Dezio .
  L'ATLAS .
  Marz .
  Neo* .
  O'CLOCK .
  Oster .
  Scandal .
  SKAME .
  Spiral .
  Twomou .
  WEANE .
...
 

   Cette rubrique est consacrée aux tagueurs parisiens. Pour ceux qui font encore l'amalgame entre le tag et le graff ou les graffiti, les tags sont des signatures, les graffs sont des peintures et les graffiti sont des inscriptions, des phrases, des dessins réalisés par des personnes n'ayant rien à voir avec le tag. Un tagueur signe toujours le même nom.
   Paris et ses graffiti ont vu arriver les premiers tagueurs il y a une vingtaine d'années. Quelques années plus tard les tags envahissaient toute la capitale, certains noms étaient présents dans toutes les rues. Certains tags pouvaient rester visibles pendant plusieurs années. En 2000, la Mairie de Paris lança un vaste programme de dégraffitage (Korrigan) qui effaça presque tous les tags de la capitale, et qui depuis, effaçe tout nouveau tag en moins de 12 jours. Ce nettoyage systématique a causé de gros dégats dans le moral des tagueurs, comme si l'on supprimait aux parisiens à la fois tous les musées et ateliers d'artistes de Paris. Aujourd'hui les musées du tag sont remplacés par les magazines, les livres, les sites internet et les archives personnelles de photos. Les ateliers du tag sont maintenant de nouvelles surfaces (camions, vitres, sol, palissades,...). La Mairie de Paris a suivi l'exemple américain, très répressif, alors les tagueurs parisiens suivent l'exemple américain en utilisant de nouvelles techniques. La RATP et son très efficace service de nettoyage ont engendré ces énormes rayures que l'on voit sur les vitres des métros ou ces gravures noires sur le plastique, on peut s'inquiéter pour les rues de Paris.

   Le graff en général est composé de plusieurs disciplines: les fresques, les chromes, les peintures sur trains, les throw-ups, les tags... sachant que le tag est ce qui a le moins d'intéret: pouvant être recouvert par un chrome, il est fait rapidement, permet de finir les bombes utilisées pour des peintures. Mais c'est aussi une discipline à part entière, avec des styles, des effets, des techniques. On peut regarder le tag de deux manières: soit on regardes un tag tout seul, en appréciant le graphisme, les dynamiques, les influences... soit on lit ce qu'il y a d'écrit, on reconnait le nom, et on se dit que cette personne est venue jusqu'ici, que l'on voit ce nom un peu partout depuis des années, qu'il a osé faire un tag ici, qu'on l'a déjà rencontré... En gros il y a une lecture graphique et une lecture sociale. Certains tagueurs sont de grands calligraphes ("personne qui a une belle écriture"), d'autres cherchent seulement à ce que leurs tags soient nombreux dans le plus d'endroits possibles, et d'autres encore, plus rares, sont capables des deux.
   On voit de plus en plus de beaux tags à Paris, malgré le fait qu'ils soient effacés rapidement. Chaque tagueur voulant se différencier de la multitude a participé à une richesse de styles de tags. Certains avec l'expérience ont acquis une véritable science des lettres, puisant leur inspiration dans la calligraphie et la typographie traditionnelles. La notion de qualité.

   Pour présenter ces tagueurs, le plus efficace est l'interview (pour en savoir plus sur la "carrière", les motivations, les gouts, les points de vue... de chacun) en plus de quelques photos. Certains ont une galerie de photos pour mieux comprendre la diversité de leurs tags.
   Le but de ce projet est de montrer à un public non-initié qu'il existe des beaux tags, de sortir du cliché "un tag c'est moche, c'est sale, c'est con!", de prouver à un public sensible aux arts graphiques que le tag est aujourd'hui une discipline de la calligraphie contemporaine des plus créatives, et des plus actives...


  .2004